Aarburg – Aarau, un art de vivre

Lundi était une journée sans programme.

Un peu inquiète à l’idée de chercher mon chemin vers les gymnases où j’ai rendez-vous mardi et mercredi matin, et voyant que finalement ce qui semble proche ne l’est parfois pas tant, surtout avec ma façon de voyager, téléphone en main, toujours curieuse du paysage, des villes, des possibilités de visites dans ce rallye de stèles, j’ai décidé de partir en repérage et de rouler jusqu’à Aarau. Bonne intuition car cela m’a pris la journée, sous un soleil retrouvé !

Depuis Aarburg, la route 8, dite Route de l’Aar, longe tranquillement la rivière et l’on prend des attitudes impressionnistes modernes à photographier la forteresse sous tous les angles et sous toutes les lumières, oubliant qu’il y a derrière ces murs une prison, plutôt qu’un foyer pour jeunes (Jugendheim).

A vélo, on arrive à Olten par les hauteurs de la rive ouest de l’Aar et par la vieille ville, agréable et proprette, et qui laisse – et c’est heureux – les zonards passer le temps sur la côté de l’église St-Martin. On prend ensuite le pont de bois, fortement endommagé par le feu en 2018. La gare s’impose alors en occupant tout un quartier.

Noeud ferroviaire connu pour son BahnhofbuffetDialekt, Olten est une ville d’industrie et culture. On sent souvent flotter dans l’air l’odeur âcre du chocolat Lindt. Trop chaud et pas la place pour aller remplir mes sacs de confiseries… Il y a aussi dans la région des fabriques de lampes, de bières, de vêtements, de chaussures (Bally), de la métallurgie, bref tout ce qui peut bénéficier de l’incroyable réseau de transports puisqu’Olten est reliée à toutes les villes importantes de Suisse.

Mais aussi formation, écoles cantonales, parcours des écrivains, musée de la photographie, musée d’art et très récente Haus der Museen qui rassemble sous un même toit les musées d’archéologie, d’histoire, de la nature et une exposition temporaire dans une scénographie fluide et aérée.

Et même un Café Vaudois !

Assez étonnamment, la stèle Mozart est située dans la partie moderne, sur la Bifangstrasse, pas loin de la gare ; on peut y voir le symbole des voyages modernes.

Poursuivant ma route, j’ai flâné le long de l’Aar, découvrant ce long ruban vert, artère vitale de la région mais sans la pression généralement associée à ce mot. Disons que c’est plutôt une veine ou une voie, sans bateau.

Et il y a certaines maisons plus faciles à louer que d’autres…

Perdue du côté de Neugözgen, j’ai rencontré un homme affairé à son vélo et, lui ayant demandé mon chemin, je l’ai suivi jusqu’à Schönenwert, passant devant le parc Bally, et sur une de ces passerelles si étroites qu’elles donnent le vertige et que, n’osant plus rouler, je dois marcher…. Ce devait être assez drôle de me voir suivre ce rude géant.

A Aarau, montée dans la vieille ville si impeccablement conservée qu’on dirait un parc Disney : les maisons semblent avoir mis leur chapeau pour nous saluer.

Et, puisqu’en ce lundi les musées étaient tous fermés, je me suis octroyée une pause glace-écriture – nouveau concept très agréable – au bord de l’Aar avant de reprendre mon vélo pour aller piquer-niquer au soleil couchant. Et, phénomène bien connu, le chemin du retour semble mille fois plus facile et plus court.

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